Notre blog : partage et connexion
Bienvenue sur le blog du feel de Soi. Ici, nous partageons nos connaissances, nos expériences et les dernières actualités sur le Tai Chi Chuan, le Qigong, le Daoyin et bien plus encore. Connectons-nous et explorons ensemble les chemins du bien-être et de l'harmonie.

Lumière intérieure...
août 2026
« Hâtez-vous lentement et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage.
Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »
Nicolas Boileau, artiste, écrivain, Poète, (1636 – 1711)
Ce très beau poème reflète, selon moi, à merveille « l'ouvrage » qu'est le nôtre dans nos pratiques, qu'elles soient martiales ou énergétiques.
Nous devons en effet « ajoutez » sans cesse davantage de perceptions et de sensations pour améliorer notre compréhension, même s'il s'agit le plus souvent de faire ce difficile travail « d'effacer » ce qui est en trop, ce qui freine ou empêche. Cet élagage, cet effacement est la promesse d'un allégement qui conduit sans nulle doute à plus de fluidité dans ce savant dialogue entre le corps/esprit et le cœur/esprit.
Ne faisons-nous pas chacun.e la délicate expérience de cet encombrement intérieur, qui se traduit souvent par des empêchements physiques dans le mouvement naturel ?
Aujourd'hui, au milieu du fracas du monde, ne nous appartient-il pas de cultiver un Être au monde qui contribue à nourrir la lumière, la beauté, la poésie, l'amour...et qui prend sa source en chacun.e de nous-même ?
Sans doute n'avons-nous pas connu depuis longtemps (notre mémoire est souvent sélective ?) de telles périodes, où tout nos repères, qu'ils soient existentiels, philosophiques ou spirituels tendent à perdre de leur clarté au profit d'un brouillard obscur, noyés dans un flot/flux continu d'informations contradictoires. Dans ce brouillard, loin d'allumer nos feux (qui peuvent servir de repères extérieurs pour celleux que nous croisons sur le chemin, mais également de repères intérieurs, pour ne pas nous égarer...) nous nous laissons malgré nous, envahir par l'obscurité, voire nous nous abandonnons à cette obscurité, persuadé.es que nous sommes, que si personne ne nous voit nous ne risquons rien...Attitude généralement reconnue comme la politique de l'autruche qui, cachant sa tête dans un trou est persuadée que tout son corps l'est également.
Cette allégorie, à travers laquelle nous pouvons peut-être, à différents degrés, nous reconnaître, me permet d'aborder cette notion si vaste et néanmoins mystérieuse qu'est le Shen dans la pensée antique chinoise, que l'appellation commune traduit aujourd'hui par Coeur-Esprit.
« Ce pouvoir de relation qui génère et orchestre toutes les énergies, tous les niveaux de l'expérience d'un individu, associés à une certaine qualité du monde vu par lui.../... se nomme Shen dans la pensée chinoise.../...Que l'on traduit tant bien que mal par Esprit, mais cet Esprit-là loin d'être opposé au corps en est la puissance génératrice par l'orchestration des énergies porteuses de vitalité, de la lumière...» Jean-Marc Eyssalet, Shen ou l'instant créateur.
Pour en saisir toute la portée, sans doute nous faut-il ici, détacher l'esprit du mental (rappelons-nous que selon Lao Tseu il nous faut pour trouver la Voie, commencer par couper la tête !)
En effet, nous expérimentons tous.tes à des degrés divers cette déconnexion au corps dès lors que nous sommes trop repliés dans notre mental. Nous ne savons plus écouter notre cœur, nous nous coupons de nos sensations, nous interprétons la réalité, bien souvent en la déformant, nous prêtons aux autres des intentions qui ne sont pas les leurs, nous projetons nos peurs, nos problèmes, nos doutes, nos attentes. Nous nous mettons à réfléchir les évènements au lieu de les vivre...
Notre pratique, nous invite néanmoins, à nous détacher de l'emprise du mental, afin de ressentir (à nouveau) les choses comme elles sont, dans l'instant présent.
Mais pour en goûter durablement et profondément les effets, cela implique un engagement véritable, qui passe par une régularité, une attention éveillée, afin de re-créer in vivo, ces connexions entre le corps et l'esprit (merci les fascias!) et déconnecter les réactions faussées du mental.
Alors pourrons-nous peut-être, comme nous l'ont transmis les plus grands sages, être ces êtres de lumière, vibrer dans le monde et éclairer le chemin, (le nôtre) dans notre quête spirituelle, mais également celui d'autrui. Ainsi l'idée de Shen désigne-t'elle également l'éclat de la lumière du cœur qui jaillit à travers le regard de l'individu.
J'ai la conviction qu'en ces temps où l'absurde et l'obscur tendent à nous replier sur nous mêmes que nous nous devons d'être, plus que jamais, ces guerriers et guerrières de lumière !
William / Li Beishan
« C’est notre propre lumière et non notre obscurité qui nous effraie le plus.../...au fur et à mesure que nous laissons briller notre propre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres
la permission de faire de même. »
Nelson Mandela
S'abreuver à la source
septembre 2026
Une tradition de transmission, une filiation qui remonte à la source...
Le Tai Ji Quan du style du Serpent de la famille Yang est longtemps resté secret et transmis uniquement de maître à disciple.
Ce n'est qu'avec l'avénement de Maître Boyd ( Bao Takfai) en tant que disciple du grand Maître Ip Tai Tak que ce style a commencé à être enseigné publiquement, au début des années 2000.
Thierry Baë (Bei Dixi), premier disciple de Maître Boyd en est le premier représentant en France depuis 2011.
Aujourd'hui en devenant le deuxième disciple de Thierry Baë (cérémonie du thé du 29 octobre 2025)sous le nom chinois de Li Beishan*, mon parcours s'inscrit dans cette longue lignée de maîtres prestigieux.
L'accession au titre de disciple, si elle marque une reconnaissance du chemin parcouru (27 ans de pratique du Tai Chi) n'est pas une fin en soi mais plutôt le renouvellement d'un engagement où le cœur, le corps et l'esprit s'unifie dans une recherche toujours plus subtile de l'élan vital, dans notre pratique martiale et énergétique.
La culture de Soi, telle qu'enseignée dans les pratiques martiales et énergétiques (puisant leur inspiration dans la philosophie taoïste), m'a offert un chemin de transformation et d'épanouissement dont je mesure chaque jour un peu plus l'intérêt et la nécessité pour résister à l'obscurcissement de notre monde contemporain.
C'est à travers le plaisir de la transmission que se révèle depuis plus de vingt cinq ans mon chemin de vie.
J'espère pouvoir transmettre encore longtemps ce qui m'a été donné, de cœur à cœur afin d'apporter ma part de lumière à ce monde qui en a tant besoin.
Traduction de mon nom de disciple chinois (avec l'aimable collaboration de Renée Barbier)
*离贝善
离li : (alchimie – Taoïsme) Lié au Yin et au Yang, au feu, au soleil, au mercure et au Dragon, au cœur. Lumière – Eclat
贝bei : Objet précieux. Conque utilisée comme instrument à vent.
善Shan : Bon – bienfaisant – bienveillant
(Philos.chin.) Le bon, le bien, expression de la potentialité efficace (de德). Avoir la bonté naturelle qui convient, ce qui permet une conduite appropriée (Laozi).